Comment survivre à une catastrophe naturelle ou à une situation d'urgence provoquée par l'être humain ?
Comment pouvons-nous nous préparer à vivre après un cataclysme ? Alors que tous nos systèmes se sont effondrés ? Telles sont les questions que se posent les preppers, qui croient en une fin du monde imminente et inévitable. Tandis que la majorité d'entre nous se contente d'espérer que rien de grave n'arrivera, les preppers passent à l'action. Ils et elles choisissent une stratégie qui leur donne un sentiment de contrôle sur l'incontrôlable.
Autrefois considérées comme des personnes radicales et paranoïaques, les preppers d'aujourd'hui —également connus sous le nom de néosurvivalistes — appartiennent à toutes les classes sociales et toutes les générations. Le mouvement prepper, devenu un phénomène mondial, regroupe différentes sous-cultures : adeptes de la retraite qui s'installent dans des zones reculées et adoptent un mode de vie autosuffisant, partisan·e·s du bushcraft qui prônent le bricolage, activistes hors réseau qui se déconnectent des services publics, ou survivalistes connus pour leur préparation axée sur le combat.
Au cœur de ce phénomène, le design occupe une place centrale : il donne forme aux objets, aux infrastructures et aux systèmes conçus pour anticiper les crises et assurer la survie. Designers, ingénieurs ou autodidactes, ils et elles s’emparent des contraintes les plus extrêmes en proposant des solutions concrètes. Leurs productions traduisent aussi une vision particulière du risque, de la sécurité et de la relation entre l'individu et la société. En ce sens, le design ne se limite pas à résoudre des problèmes pratiques, il matérialise des croyances, des peurs, des espoirs et des scénarios possibles pour le futur.
L’exposition explore la manière dont les preppers font face à leur propre fin du monde, les hypothèses sur lesquelles repose leur vision, et les stratégies mises en place pour s'y préparer. Elle invite aussi à réfléchir à nos propres capacités d'adaptation face aux crises, en interrogeant la frontière entre préparation raisonnable et anticipation extrême, et met en lumière le rôle du design dans la construction de futurs incertains.
Exposition conçue par Anniina Koivu, produite par le mudac – Musée cantonal de design et d’arts appliqués contemporains Lausanne.
Commissariat
Anniina Koivu et Jolanthe Kugler, avec Etienne Tornier
Scénographie
XPO (Camille Blin, Anthony Guex, Christian Spiess)
Designers exposés
Maxwell Ashford, Michael Anastassiades, Gijs Bakker, Beatrice Balducci, Zacharie Begouen Gaste, Erwan Bouroullec, Louise Campbell, Lucile Carlier, Ezio Colombrino, Antoine Del Brenna, Antony Dunne et Fiona Raby, Björn Dahlström, Naoto Fukasawa, Laurianne Gallis, Martí Guixé, Alfredo Häberli, Simo Heikkilä, Minna Holenweg, Luke Jerram, Ville Kokkonen, Harri Koskinen, Stefan Lindfors, Jasper Morrison, Thibault Pagnoux, Louise Eugénie Pottier, Gaspard Robillot, Fabien Roy, Timo Salli, Jerszy Seymour, Studio Nendo, Anna von Schewen, Jean Taulelle, Joep Van Lieshout, Nathan Vuitton, Alice Watel, Elisa Welz.
Vernissage : le jeudi 10 décembre à 18h30
En famille : Un espace d’atelier au cœur de l’exposition en accès libre.
Le musée remercie :
Le mudac – Musée cantonal de design et d’arts appliqués contemporains Lausanne.