Le film dresse le bilan de la Start-up Nation. Il enquête sur les liens entre argent,politique et médias,et dévoile les rouages d’un capitalisme qui prospère sur les crises qu’il contribue à produire.
CEUX QUI TIENNENT LA LAISSE
2026 | France | 16.9 | 5.1 Durée : 1h36 min
Dans le cadre du Mois du Film Documentaire
Sortie en salle de cinéma annoncée pour le 20 Janvier 2027
Exceptionnellement Gilles BALBASTRE propose son film en avant-première le 13/11/2026 à Brest
LA PROJECTION en présence de Gilles Balbastre, réalisateur du fil
A regarder avant tout :
Avec :Corinne Masiero, Jacques Bonnaffé, Rémi Laverseyn, Lou Miracco, Malik Mouakher, Simon Herlin
synopsis :Au soir de la présidence d’Emmanuel Macron, CEUX QUI TIENNENT LA LAISSE dresse le bilan de la « Start-up Nation ». À travers l’ascension de Xavier Niel, Patrick Drahi et d’une nouvelle génération de milliardaires, il enquête sur les liens entre argent, politique et médias, et dévoile les rouages d’un capitalisme qui prospère sur les crises qu’il contribue à produire.
Pourquoi ce film ? Il y a dix ans, avec LES NOUVEAUX CHIENS DE GARDE, je m’intéressais à ceux qui fabriquaient le discours dominant : les grands éditorialistes, les patrons de presse, les experts omniprésents, et leurs liens avec le pouvoir politique et économique. Mais au fond, une question restait en suspens : qui tient réellement les rênes ? Aujourd’hui, j’ai eu envie de remonter encore un cran plus haut dans la chaîne alimentaire. De m’intéresser non plus seulement à ceux qui parlent, mais à ceux qui possèdent. À ceux qui financent, orientent, investissent et imposent peu à peu leur vision du monde. Ce film est né d’un constat simple : depuis trente ans, une nouvelle génération de milliardaires a émergé en France. Ils viennent des télécoms, du numérique, de la finance. Ils sont souvent présentés comme des entrepreneurs géniaux, des innovateurs, des visionnaires. Mais derrière cette légende moderne, il y a aussi une histoire politique, celle du démantèlement progressif des services publics, de la financiarisation de l’économie et d’une concentration du pouvoir sans précédent. Mon ambition n’était pas de faire le portrait de quelques individus, mais de raconter un système. Comprendre comment fonctionne ce nouveau capitalisme qui parvient à transformer chaque crise en opportunité économique.
Vous ne parlez pas ou presque de Bolloré ? Parce que Vincent Bolloré est déjà devenu l’arbre qui cache la forêt. Bien sûr, son influence sur les médias est considérable et il est impossible de l’ignorer. Mais depuis quelques années, toute l’attention médiatique se focalise sur lui. Or, Bolloré, c’est le contrôle des médias à la papa, avec une bonne louche d’extrême droite, dans la même veine que Hersant ou Dassault. Moi, ce qui m’intéressait, c’était de comprendre la génération suivante, souvent perçue comme plus moderne, plus sympathique, plus fréquentable. Des milliardaires qui ne se présentent pas comme des idéologues mais comme des innovateurs. Des hommes d’affaires qui parlent de liberté, de disruption, de start-up et d’avenir.C’est précisément parce qu’ils suscitent moins de méfiance qu’ils sont intéressants à étudier. Ils incarnent une forme de pouvoir plus discrète, plus consensuelle, mais parfois tout aussi structurante.Le film ne cherche donc pas à désigner un méchant unique. Il tente de montrer un écosystème, un réseau d’intérêts, de complicités et de circulations entre les mondes économique, politique et administratif.
La musique joue un rôle important dans le film. Pourquoi ce choix d’un jazz joué en live ? Nous racontons un monde dominé par les chiffres, les algorithmes, les tableaux Excel, les logiques financières. Face à cet univers extrêmement rationalisé, j’avais envie d’une musique organique, vivante, imprévisible. Et j’ai tout de suite pensé à l’immense jazzman Laurent Dehors.
Le jazz possède cette capacité extraordinaire à être à la fois rigoureux et libre. Il repose sur une structure mais laisse toujours une place à l’improvisation, à la surprise, à la dissonance. D’une certaine manière, c’est l’inverse du monde que décrit le film. Le choix du live participe de la même logique. On entend des musiciens qui jouent réellement ensemble, qui réagissent les uns aux autres. Il y a du souffle, du mouvement, de l’accident. Cette présence humaine crée un contrepoint permanent au récit. Et puis il y a aussi une dimension ludique. Le film est sérieux dans ce qu’il raconte, mais il refuse d’être austère. Le jazz apporte une énergie, une ironie parfois, qui accompagne très bien cette enquête sur les puissants sans jamais lui donner un ton professoral. Une lueur d’espoir pour conclure ? Le film rappelle qu’aucun système économique ou politique n’est immuable. Les rapports de pouvoir qui structurent nos sociétés sont le produit de choix collectifs et peuvent donc être transformés. L’espoir ne réside donc pas dans l’attente d’un sauveur ou d’une solution miracle. Il réside dans notre capacité collective à comprendre les mécanismes qui gouvernent nos sociétés. Car comprendre, c’est déjà commencer à reprendre prise sur le réel. La lucidité est la première forme de la résistance. Et avec les élections présidentielles à venir, il est nécessaire de faire le bilan d’une décennie de macronisme.
Au fond, ce film, c’est une bombe à retardement.
BIOGRAPHIE GILLES BALBASTRE Après avoir débuté sa carrière dans la presse audiovisuelle à la fin des années 1980, et avoir étudié la sociologie avec Pierre Bourdieu, Gilles Balbastre s’oriente vers le documentaire d’investigation et l’analyse des transformations économiques, sociales et médiatiques. Auteur, avec le sociologue Alain Accardo, de Journaliste au quotidien, il poursuit parallèlement un travail d’enquête pour Le Monde diplomatique, consacré notamment aux mutations du monde du travail, aux restructurations industrielles, aux services publics et aux conséquences sociales des politiques économiques contemporaines. À la télévision, il réalise plusieurs documentaires diffusés principalement sur France 5, parmi lesquels LE CHÔMAGE A UNE HISTOIRE; MOULINEX, LA MÉCANIQUE DU PIRE (nommé au FIPA 2004); EDF, LES APPRENTIS SORCIERS ou FORTUNES ET INFORTUNES DES FAMILLES DU NORD. Il s’intéresse également à l’évolution des médias, en collaborant notamment aux revues PLPL puis Le Plan B. En 2012, il coréalise avec Yannick Kergoat le documentaire LES NOUVEAUX CHIENS DE GARDE, adapté de l’essai de Serge Halimi. Le film connaît un important succès en salles, avec plus de 250 000 entrées, et est nommé au César du meilleur film documentaire en 2013. Au cours de sa carrière, Gilles Balbastre a également consacré plusieurs films aux services publics, en particulier aux secteurs du rail et de l’énergie. À travers l’ensemble de son oeuvre, il développe une approche documentaire attentive aux rapports entre économie, pouvoir, médias et monde du travail.
Bande annonce : :
Les autres projections dans le Finistère : 10/11à la Salamandre à Morlaix ; 11/11 cinéma Le Club à Douarnenez ; 12 /11 Cinéville de Concarneau –
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