Super! présente Gordi en concert à Mains d'Œuvres le 22 octobre 2026
“Being surrounded by death made me think about how beautiful life is."
En dernière année de médecine, Sophie Payten (alias Gordi) a appris à constater un décès. Bien au-delà de ce que montrent les films - vérifier le pouls, entendre le signal monotone d'un cœur qui ne bat plus, annoncer l'heure du décès -, le processus consiste aussi à observer une personne qui ne répond plus. En contemplant cette peau immobile, cireuse, Payten raconte : « Cela m'a fait penser à la pâte à modeler - cette matière souple et malléable que l'on peut façonner entre ses mains avant de la laisser durcir. J'ai pensé à toutes les façons dont nous ressemblons à de la pâte à modeler au cours de notre vie : comment des forces que nous ne maîtrisons pas nous tordent, nous déforment, nous étirent jusqu'à la limite et mettent notre résilience à l'épreuve. Mais parfois, un changement bouleversant peut aussi être d'une grande beauté. »
Ces instants de transition - l'angoisse comme l'extase du changement - sont au cœur de son nouvel album, Like Plasticine, qui s'ouvre sur le rugueux GD (Goddamn), entièrement enregistré sur iPhone. Un rappel de tout ce que nous faisons pour continuer à avancer et tenir bon : Regarde autour de toi. Ralentis. Appelle ta mère. Sur des nappes de synthétiseurs clairsemées et distordues, la voix de Payten semble prisonnière sous l'eau, ou plaquée contre une vitre, observant de l'extérieur la vie qu'elle cherche à réintégrer.
L'écriture de l'album a été un véritable travail d'exploration intérieure. À six mois d'intervalle, Payten s'est installée à Sydney pour deux résidences d'une semaine : la première à Phoenix Central Park, la seconde dans une église, toutes deux soutenues par la mécène Judith Neilson. « Je crois que, durant toute cette première semaine, je me suis sentie comme un nerf à vif, parce que j'affrontais enfin tout ce que je m'étais activement efforcée de ne pas penser pendant très longtemps. Je me suis dit : "Bon, c'est le moment. Je suis prête à laisser tout exploser." »
Dans ce coffre-fort, aux côtés de la pop délicate et cérébrale devenue la signature de Gordi, a également émergé une joie inattendue. Elle avait écrit Peripheral Lover quelque temps plus tôt à Nashville, en imaginant qu'elle finirait peut-être par confier le morceau à un·e autre artiste. La chanson était si lumineuse et expansive que, dit-elle, « elle ne me ressemblait tout simplement pas sur le précédent album ». Mais le temps a changé les choses. Cet hymne pop, qui mêle le désir à des paroles d'une grande sensibilité et à une rythmique synthétique entraînante, place aujourd'hui Payten aux côtés de Robyn, Róisín Murphy et d'autres maîtres du genre.
Ouverture de la billetterie le 30 juin à 10h