Fruit d’un long travail d’érudition, de précision et de patience, le livre manuscrit constitue au Moyen Âge un objet rare et précieux, dont la production demeure l’apanage des grandes abbayes. Au sein du scriptorium, les moines copient sans relâche les saintes Écritures, mais aussi les œuvres des auteurs antiques et autres traités scientifiques. Délicatement enluminés au point de devenir des œuvres d’art à part entière, les manuscrits sont ensuite diffusés dans tout l’Occident chrétien, participant ainsi à la transmission de la culture et des idées.
L’abbaye de Luxeuil, fondée vers 595 par l’abbé irlandais saint Colomban, s’inscrit pleinement dans ce vaste mouvement européen. C’est en son sein que les moines inventent une écriture cursive stylisée, caractérisée par la richesse de ses ligatures : « l’Écriture de Luxeuil ». Les manuscrits luxoviens, souvent agrémentés d’un décor raffiné et coloré, comptent ainsi parmi les plus remarquables de l’époque mérovingienne.