Return to the Homeland
“What does it mean for an actor to lean on emptiness?” — Marie-José Malis

Daniel Calderon
In 1907, a wealthy merchant returns to Germany after eighteen years away, only to find that the country he left behind has become unrecognizable. Everything seems hollowed out, its symbols extinguished. But in an art gallery, he is dazzled by the paintings of Van Gogh, still unknown at the time, and, deeply moved, rediscovers the possibility of believing in the world.
For this new production, Marie-José Malis draws on the text’s striking resonance with our present moment. “Our era is marked by a widespread crisis of meaning: the collapse of collective narratives, distrust of authority figures, an overload of images, and a sense of unreality heightened by digital technologies.”
For the director, an associate artist at the Théâtre de l’Odéon, adapting this text today means rejecting easy answers and artificial returns to an all-encompassing sense of meaning. It means affirming that theatre can be a space for clear-eyed reflection, where emptiness is acknowledged without being transformed into nihilism.
RETOUR AU PAYS
Qu’est-ce que cela veut dire pour un acteur : s’appuyer sur le vide ? Marie-José Malis

Daniel Calderon
D’après Lettres du voyageur à son retour de Hugo von Hofmannsthal
Adaptation et mise en scène, Marie-José Malis. Jeu, Alexandra Tiedemann, Juan Crespillo et Aurélia Ansermet (musique). Scénographie, Bernard Héritier Lumière, Jessy Ducatillon. Son, Aurélia Ansermet. Photo, Daniel Calderon
En 1907, un grand négociant revient en Allemagne après dix-huit ans d’absence et ne retrouve pas le pays qu’il a quitté. Tout lui paraît vidé de substance, les symboles se sont éteints. Mais dans une galerie, il est ébloui par les toiles de Van Gogh, encore inconnu à cette époque, et bouleversé, il retrouve la possibilité de croire au monde.
Pour cette nouvelle création, Marie-José Malis puise dans cette résonnance aiguë à notre présent. « Notre époque est marquée par une crise généralisée du sens : effondrement des récits collectifs, défiance envers les figures d’autorité, saturation des images, sentiment d’irréalité amplifié par les technologies numériques ». Adapter ce texte aujourd’hui pour la metteure en scène, artiste associée du Théâtre de l’Odéon, c’est refuser les solutions faciles, les retours factices à un sens totalisant. C’est affirmer que le théâtre peut être un lieu de lucidité, où l’on accepte le vide sans le transformer en nihilisme.