
Félix Nadar, Le peintre et dessinateur Honoré Daumier, vers 1856-1858, tirage sur papier salé d’après négatif sur verre au collodion, BnF, Estampes, acquisition fonds Nadar 1950
PHOTOGRAPHY’S FIRST CENTURY
Masterworks of the Bibliothèque nationale de France
Commissariat :
Sylvie Aubenas, conservatrice générale, directrice du département des Estampes et de la photographie, BnF
Flora Triebel, conservatrice en charge de la collection de photographies du XIXe siècle au département des Estampes et de la photographie, BnF
Cette exposition qui retrace en 120 œuvres le premier siècle de la photographie en France a été conçue à partir des collections de la Bibliothèque nationale de France. C’est la première fois que le Kimbell Art Museum de Forth Worth, qui collabore avec les plus grands musées du monde, consacre une exposition à la photographie. Le Kimbell qui fait la part belle dans ses collections aussi éclectiques qu’exigeantes aux chefs-d’œuvre de l’art européen du Moyen Âge jusqu’au milieu du XXe ne possède pas de collections d’art graphique ni de photographies.
Afin de retracer en un nombre d’œuvres succinct l’épopée d’une invention scientifique qui se mue très vite en médium artistique ayant eu une influence décisive sur la manière de voir et de créer, le parti-pris choisi est chrono-thématique.
Les grands procédés et les grands noms de la photographie se succèdent en quatorze séquences d’une dizaine d’œuvres sélectionnées autour d’un thème.
L’exposition commence par une séquence autour de l’invention de Niépce et Daguerre présentant en particulier des archives et manuscrits acquis par la BnF auprès des descendants de Niépce.
Elle se poursuit par une séquence autour du daguerréotype et particulièrement de l’œuvre du grand pionnier, voyageur en Orient, Joseph Philibert Girault de Prangey puis aborde un autre procédé décisif dont se sont emparés les premiers grands photographes : le calotype. Cette section est illustrée de paysages d’Eugène et Adalbert Cuvelier, amis de Corot et des peintres de Barbizon, ainsi que de grands négatifs de natures mortes d’Henri Le Secq.
Suivent des séquences sur l’art du portrait associée à l’œuvre de Félix Nadar, les paysages industriels induits par l’intrusion des voies ferrées avec Edouard Baldus, les grands chantiers du Second Empire avec Durandelle documentant le chantier de l’opéra Garnier.
L’apparition des premiers albums de photographie est présentée à travers les albums de Victor Hugo ou encore de Delacroix.
Est abordé ensuite l’œuvre d’Eugène Atget, le toujours mystérieux photographe qui fait la transition entre les XIXe et XXe siècles et marque l’apparition de la ville de Paris comme sujet majeur d’inspiration.
Un focus est consacré à Sonia Delaunay qui fait appel à plusieurs photographes pour garder trace de ses créations dans le domaine de la mode et des arts décoratifs.
Ensuite se succèdent Man Ray pour les recherches sur l’abstraction, André Kertesz, Rogi André et Brassaï pour incarner l’effervescence créatrice à Paris dans l’entre-deux-guerres.
L’exposition se termine par une série de portraits de Pablo Picasso par de grands photographes soulignant ainsi dans cette présentation ultime la ligne directrice de l’ensemble de l’exposition, c’est à dire le lien précoce et constant de la photographie avec les arts contemporains.