La sœur de Jésus Christ
Théâtre de poche / Oscar de Summa / Georges Lini
Aménagements à l'accessibilité
Pounnerglev
Dalc'het en o c'heflusk

La jeune Maria s’empare du pistolet Smith & Wesson 9 mm dans le buffet de la cuisine. Elle quitte la maison, l’arme à la main. Elle marche en direction du village. Elle se rend chez Angelo le Couillon, le jeune homme qui lui a fait violence la veille. Le village prend sa suite, finissant par former un cortège bigarré. Il y a ceux qui l’encouragent, ceux qui veulent la dissuader, mais rien ni personne ne pourra l’arrêter, lui faire lâcher son arme, pas même sa famille, pas même les gendarmes. Succès unanime du Festival Off d’Avignon, sur une mise en scène prodigieuse de Georges Lini, ce western moderne est aussi intelligent que perspicace. Une histoire qui peut devenir notre histoire, l’histoire de l’humanité même.
Le président du club des chasseurs, les employés de la casse-auto, le garagiste, les bikers du coin, la vieille institutrice, les voisines envieuses de la jeunesse et de la beauté de Maria, ils sont tous là. Chacun y va de son anecdote sur elle, livrant tour à tour chaque pan de sa vie. Maria se révolte. Ne se laisse pas définir comme victime, et lutte pour sa liberté à l’instar d’Antigone. Elle déclenche un raz-de-marée, une prise de conscience collective de tout un village où les gens portent sur leurs épaules le poids de décennies de traditions. L’interprétation incandescente de Félix Vannoorenberghe, qui fait surgir tout un village, interroge sans moralisation, et nous saisit. La musique de la violoncelliste Florence Sauveur accompagne chaque geste, chaque frémissement du corps, chaque émotion. Un grand et intense moment de théâtre, un uppercut poétique à couper le souffle !