Lisières — Invisibles fragments de paysages

Exposition collective avec Lucie Bayens, Laurent Cerciat, Loetitia Léo, Patrick Polidano. Vernissage le 12 mars à 18h.

Exposition
© Laurent Cercia

Cette exposition collective propose, par l’art contemporain, une approche de notre relation avec la nature.

Les lisières sont des espaces de transition entre différents milieux, habituellement déconsidérés, comme « hors-champ », mais là où la vie peut encore s'épanouir dans sa diversité, hors de la norme et des réglementations.

Les artistes réunis pour cette exposition aiment s'aventurer dans ces lisières, les traverser, observer, cueillir, glaner, jusqu'à en donner des représentations qui sont autant de cheminements, de visions personnelles du paysage contemporain, appréhendé non pas dans sa globalité, mais par des fragments, des prélèvements, des transformations, des déploiements imaginaires.

Lucie Bayens donne corps, avec des filets d'emballage tressés, au lit de la Garonne, d'un point en amont à son estuaire, en un long serpent rouge suspendu. Plus loin, un ragondin, réalisé en écailles de pommes de pin occupe son territoire des berges. Puis, l’artiste nous propose une carte tissée, cheveu par cheveu sur une trame coton. C’est aussi au bord de l’eau et dans la rue qu’elle glane de petits objets, qu’elle emprisonne entre deux capsules de bière : Marée basse est une installation de « mollusques » de l’anthropocène.

Iles d'Europe, Lucie Bayens

Laurent Cerciat s'intéresse aux plantes sauvages, ces Adventices mal-aimées, c'est pour lui une façon d'appréhender le paysage par le détail botanique. Cette biodiversité est reproduite par la sculpture en thermoplastique et pigments naturels. Il s'agit de jouer de réalisme pour les mettre en scène dans l’espace extérieur vu de la salle d’exposition. Ailleurs un ensemble de « pierres-paysages » portent des arbres miniatures fabriqués à partir de racines d'adventices, et des Rêveurs solitaires, contemplatifs.

Micro-friche, Laurent Cerciat

Löetitia Léo arpente elle aussi cet « envers » du territoire. Ici une grande friche attenante au Parc de l'Ermitage, les anciennes carrières de Lormont. Par le moyen de la photographie argentique, elle réalise des surimpressions à la prise de vue en « rembobinant » la pellicule. Elle favorise la perméabilité de différents espaces-temps avec des dissolutions et des apparitions, recherchées et fortuites. Ainsi les points de vue vacillent et créent de nouveaux espaces de représentation. Ses paysages oniriques et poétiques témoignent aussi de ces zones naturelles promises à disparaître à la faveur de projets d'aménagements.

Löetitia Léo

Patrick Polidano se focalise sur divers milieux aquatiques: les sources, les marais ou les bords côtiers. C’est au cours d'explorations pédestres qu’il photographie ces espaces désertés riches de la diversité du vivant. L’image devient alors iris/monde par le biais d'un objectif « fish eye » et la capture du reflet dans l'eau révèle une vue augmentée de la réalité. La nature se déplie ailleurs en étang de montagne, pour offrir la vision distordue d’un environnement où reflet et paysage s'inversent. Des matériaux collectées forment eux aussi de nouveaux territoires en réduction qu’il est possible de survoler du regard.

Terra 1, Patrick Polidano

Ces quatre univers artistiques se croisent, dialoguent, entrent en résonances et invitent les spectateurs à voyager dans ces lisières, ces « fentes de timidité » qui forment l'espace de lumière que les arbres des forêts primaires laissent entre leurs feuillages. Suivons-les.

Vernissage le mardi 12 mars à 18h.

Plaquette de l'exposition

Événement d'intérêt intercommunal

About the venue

Rue Lavergne 33310 Lormont
Salle d'exposition du Pôle culturel et sportif du Bois fleuri