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Les pollinisateurs au service de la plantation: petites histoires de pommes, de bourdons®, d’abeilles et de tournesols hybrides (XXᵉ – XXIᵉ)

Cycle de discussion sur les Plantations

Les pollinisateurs au service de la plantation: petites histoires de pommes, de bourdons®, d’abeilles et de tournesols hybrides (XXᵉ – XXIᵉ)

Et si cette image des insectes qui rendent un service gratuit à l’agriculture et à notre société par leur action involontaire de pollinisation était un peu écornée ? Et si, au contraire, leur activité dans les parcelles était le fruit de l’histoire du système de plantation et de la modernisation agricole ? Des vergers californiens du début du XXe siècle, à ceux de l’Algérie coloniale, en passant par les serres de production de tomate d’hiver, jusqu’aux parcelles semencières de tournesol hybride contemporaine, toutes ces plantations se sont rendues dépendantes du travail des insectes pollinisateurs. Pour pallier aux problèmes de pollinisation des colonies d'abeilles domestiques sont louées à des apiculteurs·trices, les bourdons, quant à eux, sont produits en usine. Faire défiler ces histoires inter-espèces singulières montre comment la plantation embarque avec elle une cohorte d’êtres vivants qu’elle met alors à son service pour fonctionner. Dans ce cas précis, il s’agira de suivre des insectes pollinisateurs pour comprendre comment ils ont été transformés en outils de production essentiels au système agricole.

Les matériaux d’une thèse en cours, en anthropologie, autour de l’utilisation des pollinisateurs en agriculture serviront à dresser ce récit.

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L’idée de ce cycle sur les Plantations est de s’essayer à rassembler les substrats sur lesquels nous nous tenons, de s’essayer à penser les imbrications de ce par quoi nous nous sustentons ; de tacher, en somme, de répondre à la question : à quoi tout cela tient -il ?

Inspiré.e.s par plusieurs débat contemporains autours de la questions des systèmes (agro)alimentaires, des « food regime » et des études des chaînes approvisionnement du capitalisme on voudrait déplier ce qui pour nous pourrait faire sens pour une critique fine du capitalisme, à travers la question de la Plantation.

Il s’agit de s’essayer à retracer quelques histoires, celles de ces plantes devenues pour leur propriétés singulières ou par des petits hasards de l’histoire, des plantes hégémoniques que l’on retrouve partout et desquelles on a fait dépendre des modèles de productions. Alimentaires et pas seulement.

Des plantes donc, qui ont changés des territoires, qui changent les corps et bouleversent des vies. Il s’agit de retracer la mise au travail de ces plantes et les efforts tendus de quelques uns pour créer des empires. On pense à l’arrivée de la canne à sucre sur l’île de Madère vers 1460 puis à son expansion vers les Caraïbes ou le Brésil et le système social fondé sur l’esclavage qui se met alors en place.

On pense la plantation comme lieu d’invention de la production moderne ; la plantation comme véritable première usine. On pense ensuite aux allégories impériales et aux mythes du Progrès. On pense aux vastes champs de soja qui tuent et aux bétails nourries aux tourteaux ; à la canne à sucre et au palmier à huile qui créent des mondes ; à la Banane qui fait toujours tant qu’elle peut pour faire parler d’elle.

On voudrait tirer ces fils afin de mieux entendre ce que peuvent nous dire ces histoires.

Café librairie Michèle Firk

9 rue françois debergue 93100 Montreuil

  • Février 2020

    • Mardi 18 19:30 - 22:00